Les hommes beaux​

 

Ce que j’aime de l’homme ce sont toutes ces caractéristiques que je n’ai pas. Tout ce qui va pouvoir compléter ma féminité.

J’aime leurs poils, leur toison sur le torse parfois. Je les aime imberbe aussi. J’aime dessiner des courbes sur les poils de leurs jambes lorsqu’elles sont mouillées et qu’ils collent à la peau. J’aime leurs poils partout: en bouclettes sur le torse, sur les épaules, les rendant ours animal Totem protecteur, absents sur des corps plus élancés, presque féminins. J’aime les poils qu’ils ont sur le pubis, autour du sexe, comme des antennes qui captent déjà mon toucher alors que je ne touche pas encore leur peau. J’aime leurs poils sur les mains dessinant le masculin. J’aime leurs poils sur les bras et les voir blondir au soleil. J’aime les barbes courtes ou fournies, naissantes ou longues, j’y projette la sagesse naissante ou établie. J’aime aussi (moins sur le moment) les poils de barbe qui repoussent  et qui piquent pour m’avoir laissé des souvenirs heureux.

J’aime leurs os toujours plus grands que les miens (petite que je suis), leurs os épais, leurs os aux membres longilignes, saillants sur les hanches, les épaules, le torse qui expose les côtes, la cage thoracique épaisse et volumineuse, d’autres si fines, ne laissant que peu d’épaisseur entre mes mains. J’aime les angles de leurs os, comme la structure sous-jacente aux lignes de leurs corps, plus carrés, obtus, aigus moins en courbe que celui des femmes. J’aime m’éterniser sur l’os de leurs hanches, il est beau chez chaque homme.

J’aime les mains des hommes. La puissance dans leur poignée, dans leurs bras. J’aime lorsqu’ils me serrent très très fort. J’aime les articulations des doigts saillantes et aussi les doigts de pianiste, j’aime les mains trapues et gracieuses offrant chacune un contact si différent. J’aime leurs chevilles robustes comme un arbre millénaire planté ou fragiles comme celles d’un géant aux pieds d’argile.

J’aime sentir le masculin chez l’homme et aussi son féminin. Alors que je perçois la féminité en lui, je suis emplie d’admiration car souvent, elle est plus délicate que la mienne. Elle se fond avec la masculinité morphologique que je n’ai pas et de la sorte, s’exprime en un langage que je ne peux exprimer avec mon propre corps.

J’aime leurs dos: immense à mes yeux, j’aime voir les muscles de leurs dos dans le mouvement de l’effort, les dessins de muscles en tension, antagonistes ou complémentaires, dans le feu de l’action, la puissance qui les parcourt à ce moment. Les grands-dorsaux qui s’élancent comme des ailes d’oiseaux ouvertes, les muscles des épaules dessinés ou rebondis. Les biceps volumineux ou effilés me montrant leur force.

J’aime tant lorsqu’ils me portent dans leurs bras vers l’amour ou sur les épaules lorsque j’étais petite. J’aime aussi dans les moments de rigolades lorsqu’ils me jettent sur leur épaule comme un sac de farine, la tête en bas.

J’aime leurs voix comme celles que l’on voudrait avoir en berceuse au creux de l’oreille le soir en s’endormant, les voix au timbre grave qui donne encore plus de corps aux mots. Leurs voix peuvent être chaude, sensuelle, rauque, claire, voilée, atone même aussi. J’aime qu’à travers leurs mots les hommes expriment avec courage leur fragilité, qu’ils brisent les frontières des stéréotypes et acceptent que je puisse être parfois plus masculine qu’eux. J’aime les hommes qui m’écoutent et donnent autant de crédit à ma voix de femme qu’à la leur, qui bousculent les inégalités de valeur.

J’aime l’homme curieux de comprendre la femme (ou le féminin), son pouvoir à l’aimer. J’aime l’homme qui a retrouvé son autorité divine naturelle, qui est sorti de l’obsession sexuelle car il a compris ses émotions.

J’aime les hommes qui ne se cachent pas derrière des masques d’indifférence, qui osent vous dire: “Tu m’as plu”, “Tu m’as touchée, j’ai envie de te revoir”, “Je pense à toi” qui osent verser une larme lorsqu’ils sont touchés. J’aime aussi cette pudeur masculine encore incertaine de sa puissance dans les moments de faiblesse car elle cache et préserve le joyaux cachés au fond d’eux. Souvent il est mieux protégé que le mien.

J’aime leurs fesses, rebondies, douces, poilues, fermes et musclées, tendres et innocentes qui dessinent des courbes sur les angles de leur bassin. J’aime la puissance qu’ils ont dans le bassin. J’aime leur sexe dans tous les états. La plasticité organique, le côté doux et inoffensif lorsqu’il est au repos. L’ardeur et la vaillance de celui-ci lorsque l’érection est là. J’aime les mouvements incontrôlés de leurs testicules créant un “dessin magma” mouvant en circonvolutions. J’aime l’homme fier de son érection et qui accepte quand elle ne vient, qui est en lien avec son sexe, qui l’écoute et lui fait sa place, pas toute la place.

J’aime les hommes galants qui savent quand jouer le jeu de la politesse et des usages  pour simplement me rappeler que je suis femme. J’aime quand l’homme me laisse aussi être galante par moment. J’aime celui qui peut correspondre aux usages dans ce qu’ils ont de positif et en même temps peut inverser les rôles. J’aime celui qui a compris que ce sont les opposés qui créent la dynamique et qui peut s’en amuser.

J’aime l’homme qui peut me faire la conversation pendant des heures, avec qui je peux refaire le monde. J’aime celui qui peut rester dans le silence et qui communique juste avec sa présence. J’aime l’homme qui a acquis des sagesses sur le chemin de ses passions.

J’aime l’homme autonome, celui qui peut cuisiner et allumer des bougies pour créer un instant avec moi, celui qui repasse et est parfois plus maniaque que moi. J’aime aussi celui qui demande de l’aide pour le choix des épices ou des vêtements qu’il va porter.

J’aime leurs regards enfantins dissimulés derrière un visage sérieux et carré, un regard emprunt de sensualité, de désir dans la complicité de la relation. J’aime leur désir, ardent, comme un brasier difficile à contrôler. J’aime être leur complice dans la sexualité et non pas objet de leur sexualité. J’aime leurs montrer ce chemin vers cette complicité dans laquelle nous pouvons mutuellement nous ressourcer et nous enrichir.

 

J’aime les cheveux longs, courts, rasés, bouclés et raides. Les têtes à la chevelure ébouriffée ou plus droite et stricte, les crânes clairsemés dont les cheveux sont tombés, signe de vieillesse à leurs yeux, de sagesse aux miens.

J’aime les hommes jeunes et âgés, innocents et confirmés, ceux à initier et ceux à écouter/ admirer apprendre d’eux

J’aime les hommes intellectuels au quotient impressionnant. J’aime les manuels qui ont leur intelligence dans leurs mains.

J’aime les ventres plat et ceux rebondis, les hommes secs ou plus confortables qui me laissent comme Moogli su Balou me reposer sur eux.