Je n’aurai jamais cru​

AVERTISSEMENT: Ce texte est un ressenti personnel, subjectif, singulier. Il n'est nullement une attaque, un jugement d'autrui. S'il ne fait pas écho, rien ne vous force à la lecture, votre temps est précieux, ne vous attardez pas si cela ne vous parle pas.

 

Ceci est un vœux de retour à la vie.

 

C’est par l’écriture que je me raccroche aux jours qui passent et pèsent un peu plus sur mon cœur.

Je n’aurai jamais cru vivre dans un monde si empli de haine et de souffrance.

Mon activité professionnelle depuis des décennies est de favoriser le vivant en chacun. Aider à se reconnecter à soi par le corps et par le ressenti.

 

Aujourd’hui comment accueillir des personnes en “thérapie”, “développement personnel”, “chemin de conscience”, “accompagnement”… ? Alors que cette société gouvernée par le chaos, le non-sens, par la superficialité au détriment du profond, impose ses standards mortifères.

 

Je n’aurai jamais cru me sentir à ce point dépourvue face à ces personnes qui m’honorent en se confiant à moi. Animées à l’idée d’aller mieux, enthousiastes à prendre leur vie et leurs responsabilités en mains, que leurs dire? Et je pense tout bas mais très fort: “Mais vous allez bien, votre ressenti est légitime”, “L’obstacle, la difficulté n’est pas en vous mais dans les structures elles-mêmes”, “C’est normal de se sentir mal face à une telle situation”.

Je n’aurai jamais cru vis-à-vis de ces êtres, ne plus savoir quoi leur répondre. Car chacun se fait son opinion et le cadre thérapeutique n’est pas l’endroit pour un tel débat.

 

Je n’aurai jamais cru que les mouvements politiques s’immisceraient à ce point dans ma sphère intime, familiale et amicale. Non, je le savais déjà…Nous ne partageons bien évidemment pas tous les mêmes évidences. Mais je n’aurai jamais cru qu’il deviendrait normal d’être en conflit sur les raisons de se faire vacciner. Alors que la raison veuille qu’une tel choix soit motivé par des raisons de santé et non de confort, d’accès au travail, de prétextes qui n’en sont pas.

Je n’aurai jamais cru vivre dans un pays où le gouvernement pouvait imposer cela.

 

Je n’aurai jamais cru démultiplier les tabous avec mes amis.

 

Je n’aurai jamais cru être jugée et stigmatisée parce que je ne veux pas m’injecter un produit chimique, douteux, controversé, enjeux de profits colossaux qui nous divise.

 

Je n’aurai jamais cru que les paroles de Pink Floyd “Together we stand, divided we fall” puissent se faire l’écho à ce point de ce dont le monde manque le plus.

 

Je n’aurai jamais cru expérimenter un jour le sentiment d’être dépassée par mon temps (je vieilli) ni me sentir vivre dans un très mauvais film de science-fiction.

 

 

 

 

 

Je n’aurai jamais cru devoir crier “tous ensemble” comme slogan de révolte et d’insoumission. Ne sommes déjà nous t’ont pas tous ensemble, humains partageant une même planète. N’est-ce pas notre origine?

 

Je n’aurai jamais cru devoir mettre mon cœur de mère en sourdine en découvrant que ma fille s’est vaccinée, c’est son choix.Je n’aurai jamais cru que le consentement parental n’aurait plus aucune substance. Je n’aurai jamais cru que l’état nous enlèverait ceci.Et je sens la mère louve tapie dans le fond prête à l’assaut si mon enfant en subi des conséquences néfastes.

 

Je n’aurai jamais cru être témoin de violences d’état, gratuites, injustes et liberticides. Voire des forces de l’ordre frapper des personnes qui brandissent l’amour comme étendard. Je sais, je suis bien naïve, trop candide, trop sensible… On m’a il y a peu donné ce beau conseil” Mais tu ne devrais pas être touchée par tout ça”!Comment m’extraire de mon environnement? Si vous en avez le secret, je le veux bien. Non en fait, je ne le veux pas. Je veux rester sensible et être touchée.A nourrir l’ouverture du cœur -invitation de nombreux chemins mystiques ou de sagesse- j’en ai perdu la faculté à le fermer.

 

Je n’aurai jamais cru que pour être intégrée dans cette société, je devrai faire machine arrière: bêtise, inconscience, intolérance face à la diversité…comme mantra à chaque pas afin de finalement m’oublier. Oublier le précieux de la vie et surtout de l’humain.

 

Je n’aurai jamais cru que nos vies ici en Europe pourraient basculer du jour au lendemain. Je n’aurai jamais cru que j’étais si auto-centrée ou inconsciente des privilèges dont nous bénéficions jusque là.

 

Je n’aurai jamais cru me sentir si vulnérable face à cette diminution soudaine et drastique de nos libertés.

 

Je n’aurai jamais cru que la pensée unique se ferait domination et balayerait l’altérité, source de richesses infinies.

 

Je n’aurai jamais cru qu’il n’y aura pas de retour en arrière, à la vie “comme avant”.

 

Je n’aurai jamais cru que ma dévotion à être gardienne de l’humanité (quel est le sens de ce mot à présent?), à favoriser le vivant en chacun de nous, se heurterait violemment sur tout ce qui fait nos sociétés.

 

Je n’aurai jamais cru que cela ferait de moi une dissidente, une paria, voire une menace.

 

Je n’aurai jamais cru que l’envie, la vie, la foi, la confiance, le naturel, la liberté, le discernement, l’autonomie, le libre arbitre nous seraient enlevés sous prétexte que c’est pour notre bien et celui d’autrui.

 

 

 

 

Je gardais ou plutôt cultivais l’espoir. Car qui peut prétendre détenir l’espoir? Celui-ci est si ténu parfois, si difficilement préhensible. Il n’est pas un objectif sinon il se fait réalité. Il n’est pas rêve car il tend à s’inscrire dans un réel futur. Il n’est pas une revendication mais un sentiment intime.

 

Il m’a accompagnée depuis toujours. Ce matin, je ne sais plus qu’en faire et je réalise que si je l’abandonne, je déserte tous mes rêves, tous les éventuels. A partir de là, plus rien ne sera possible, car même si la sagesse nous invite dans l’instant présent, l’espoir fait battre mon cœur et m’invite à poser un pas après l’autre.

 

Je n’aurai jamais cru qu’il serait plus facile de se résigner plutôt que de se laisser inspirer.

 

Alors ce matin, je voudrais faire place en moi au désir, synonyme d’espoir. Je dois réapprendre, comme l’enfant qui fait ses premiers pas. Car tout ce qui se passe actuellement a réduit à néant cette lueur dans l’obscurité. Je ne sais plus vers quoi me tourner pour donner du sens.

 

Je me fais alors concave pour laisser de côté cette personnalité qui ne sait plus ou n’aurait jamais cru. Je me dépouille de ces impulses et me fait réceptacle de l’existence.

 

Et là, hors de ma volonté, dans le ressenti, je retrouve la vie et l’espoir .

 

Et je recommence à voir.

 

 

 

 

 

Auteure: Umâ Aum